Les 25 et 26 septembre 2009 : Festival de Jazz

Rectificatif

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

L'exposition "Antichambre" prévue initialement pour la soirée du 3 octobre 2009 est reportée à la saison prochaine .
Prochaine exposition :PARIS SHOW

Du 15 au 18 octobre 2009: L'Imprimerie à l'heure de l'Europe

"ilsellesvousnoustujeux" - Joelle Bondil / Plasticienne

video
L’Imprimerie 168 - Pôle culturel de proximité

Chroniques d’un combat de société...


Un collectif d’artistes se bat pour la préservation d’un site patrimonial du 19ème arrondissement, défend son outil de travail et son projet culturel.

Présentation historique :

L’Histoire de « L’imprimerie 168 » est celle d’un lieu vivant emblématique de l’histoire du 19ème arrondissement, un lieu que nous redécouvrons grâce à l’association d’artistes « Kill-Oh-What! » installée depuis près de treize ans.

Cette imprimerie exerça son activité durant tout le 20ème siècle, traversant les deux guerres mondiales et fût un élément important de la vie économique et sociale du 19ème arrondissement.


Quand l’entreprise cessa son activité dans le courant des années 1980-90, la parcelle fut rachetée par la Mairie de Paris et le local confié à une société de production musicale ; c’est ainsi que durant quelques années, cette imprimerie devint le lieu de répétition du Jeune Orchestre Symphonique Européen.
En 1997, cette société nous invita à investir les espaces en mezzanine qui n’étaient pas utilisés ; Un groupe d’artistes amis, composé de plasticiens, danseurs, scénographes, designers et musiciens se constitua et commença à y travailler.
En 1998, la société de production cessa son activité et nous restâmes dans les lieux organisés autour de notre association Kill-Oh-What dont l’objet est d’aider les artistes à accéder à un espace de travail pour développer leurs projets.

C’est ainsi que nous avons pu élaborer depuis 12 ans un véritable outil de production artistique auto-géré et auto-financé par les artistes eux-mêmes ; une sorte de mutualisation des moyens pour faire face à la destruction du secteur culturel.


Cinquante artistes ont pu bénéficier de nos ateliers sur une longue durée, leur permettant de développer leur œuvre ; Certains d’entre eux sont maintenant exposés en musées nationaux, salons internationaux, galeries…
Des centaines artistes indépendants ou en compagnie sont venus en résidences pour concrétiser leur production.
Une centaine d’événements culturels sont aujourd’hui à notre actif ; l’Imprimerie 168 est devenue une plate-forme de création, de promotion et de diffusion culturelle utile et nécessaire.

Les partis politiques :

Depuis 5 ans, nous nous battons pour faire comprendre à nos classes politiques les qualités exceptionnelles architecturales et patrimoniales de ce site voué alors à la démolition.


Le parti communiste alors aux manettes de la culture lors du précédent mandat local n’a jamais voulu se prononcer ; il a soutenu paradoxalement nos artistes, nos événements et nos actions culturelles. Les Verts nous ont soutenus également en présentant le dossier par trois fois au Conseil de Paris mais sans jamais parvenir au vote final à avoir le soutien de la majorité plurielle à laquelle il appartenait...
En 2008, l'Imprimerie168 est mise en avant par le Modem lors des élections municipales qui la place comme un élément central de son programme culturel pour le quartier. De nombreux soutiens existent au sein du parti socialiste.
Les clivages politiques pourront-ils être dépassés?

Enjeu patrimonial :

En juillet 2007
, nous avons alerté la commission d’enquête publique qui à la vue des éléments a commandé une enquête complémentaire sur le site afin de prévenir « une perte patrimoniale irréversible ». Une première réunion informelle avec la Commission du Vieux Paris et un expert en architecture industrielle estima la construction aux alentours des années 1880 avec des particularités laissant entrevoir l’existence d’une activité antérieure d’une autre nature.


En 2008, le rapport d’enquête fit apparaître que cette construction fût signée par un cabinet d’architecture extrêmement célèbre de la fin du 19ème siècle, le cabinet Henri Ragache et que l’Imprimerie figurait parmi la liste de ses travaux méritant une attention toute particulière ; nombre d’entre eux sont protégés dans d'autres quartiers de Paris.

Lors d’une 2ème réunion officielle, cette fois, la Commission du Vieux Paris recommandait la préservation du site et abondait dans le sens de la fonctionnalité culturelle afin de ne pas dénaturer la construction.

La Siemp, société immobilière d’économie mixte de la ville de Paris, dut alors revoir son plan architectural et fit deux propositions : l’une préservant l’Imprimerie en local d’activités et l’autre réaménageant la construction en 4 ou 5 lofts d’habitation impliquant la déstructuration et la dénaturation du site.

De source officieuse, il semblerait que les autorités pencheraient actuellement pour les quelques lofts et choisiraient donc de priver les habitants de l’usage démocratique d’un patrimoine collectif pour en laisser l’usage à quelques privilégiés.


Cette imprimerie industrielle a été un pôle intense d’activité humaine dans notre quartier et n'a jamais cessé de l’être.

Enjeu culturel et sociétal :

De la rue Crimée, on ne la voit pas. Il faut traverser la cour intérieure du lotissement pour la découvrir…Un lieu hors du temps… Une sorte de Théâtre Élisabéthain, riche de la mémoire ouvrière…

Dotée d’une lumière et d’une acoustique hors du commun, son espace intérieur à dimension humaine fut conçu pour le travail collectif : toutes ces qualités en font un lieu de production d’art rare et précieux ; il est plébiscité par les artistes et les visiteurs.
Il est depuis dix ans grâce aux artistes professionnels de l’association Kill-oh-What ! qui l’entretiennent, un lieu de création artistique utilisé par des centaines d’artistes. De nombreux événements culturels aux rayonnements multiples, locaux ou internationaux ont réunis plus de 80 000 visiteurs sur dix ans… Des événements irradiants sur le quartier et bien au-delà…


Un lieu de rencontre et d’échange, un espace populaire de découverte artistique et de démocratisation culturelle.

C’est pourquoi, nous, artistes de l’association Kill-Oh-What !, soutenus par les habitants et les associations du quartier, les professionnels de la culture, pensons que ce lieu doit être préservé, réhabilité et intégré au plan de développement urbain en lien avec le plan de développement culturel du quartier.

Au delà de sa préservation, et dans le contexte de développement des grands pôles institutionnels culturels, le « 104 », la nouvelle grande salle de concert en projet à la Villette, nous pensons qu’il est temps de favoriser l’émergence de lieux-passerelles, des équipement culturels intermédiaires de proximité d’une autre nature, complémentaires, qui inventent de nouveaux rapports à l’art, participant du mieux vivre ensemble et répondent aux nouveaux besoins et enjeux de la création artistique engendrés par les changements rapides et brutaux de la politique culturelle hexagonale.

L’imprimerie 168 recèle tous les paramètres pour en devenir un sans équivalents… et nous ne doutons pas que l'équipe actuelle de la mairie prendra les décisions qu'il faut en ce sens.


RADIATION10 le 2 avril 2009 a 20h30